La Fédération sera fermée du samedi 5 août au dimanche 27 août

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Roland Gérard

Interview :

Ancien coordinateur des assises nationales de l’éducation à l’environnement, auteur, conférencier, formateur, poète… et militant pour la transition écologique.

Quels points communs as-tu avec les CPN ?

Enfant, je passais mon temps dehors, je m’intéressais à tout ce que la nature me mettait sous les yeux. À la fin des années 70, quand je suis devenu animateur nature, Boult-aux-Bois, la Hulotte, les CPN… formaient dans mon esprit un tout qui représentait l’un des plus forts piliers de l’éducation nature en France. Peu nombreux, nous étions vraiment des pionniers, nous étions isolés, c’était souvent difficile… cela m’aidait. Entre 1997 et 2000, années des premières assises nationales de l’éducation à l’environnement, quand le principal sujet pour moi était de construire le collectif français pour l’éducation à l’environnement, les CPN ont été dans les premiers à être présents… quel renfort à mes yeux…. Tous les CPN avaient compris que c’était important de s’organiser entre nous pour qu’en France l’éducation nature pèse un peu dans la balance. Un jour on m’a proposé d’être parrain, j’ai dit oui tout de suite, j’étais très honoré. Quand je pense CPN, je vois des enfants dans les bois et aussi des têtes de copines et de copains fidèles… comme notre compagnon Olivier…

Quelle est ton action, à toi, en matière d’éducation à la nature ?

J’accompagne toujours des amies enseignantes avec leurs classes dans les bois. J’anime également presque toutes les semaines une balade poétique dans le Vallon de Salut à Bagnères-de-Bigorre (65). Je suis aussi impliqué dans les Rencontres de la classe dehors et fais partie du groupe « Tous Dehors France », alliance entre fondations et associations pour multiplier les expériences de nature dans notre pays. Il y a ma conférence aussi « Vers une autre façon d’habiter la Terre » de plus en plus participative sur le réchauffement climatique et la transition écologique et mes interventions dans les collèges et les lycées. Il y a enfin mes randonnées en montagne, la poésie que j’écris ou que je dis, les articles que j’écris… Mon adhésion à Férus, j’adore toujours les grosses bêtes… et à pas mal d’autres associations.

Qu’est-ce que tu conseillerais aux clubs ou aux familles CPN qui couvrent la France aujourd’hui ?

Faites-vous plaisir, ne pensez pas trop, consacrez des heures au jeu libre en embarquant dedans les enfants dès leur âge le plus tendre… Faites de la place à la rêverie, à la contemplation, vivez des expériences nature… Partageons notre amour de la nature, faisons en sorte que beaucoup de personnes connaissent beaucoup d’expériences de nature. Avant d’aimer un arbre il faut le rencontrer. Ce mot « rencontre » est essentiel, cela ne passe pas par un nom, mais par ce que je ressens … Mes yeux, ma peau, mon nez, ma bouche, mes oreilles… tout cela grand ouvert, voilà comment on rencontre. Ces rencontres nous font tellement de bien qu’après nous ne sommes plus les mêmes. Elles nous aident à mieux nous connaître nous-mêmes, rencontrer une personne réellement c’est ouvrir la possibilité d’en être responsable un jour… et pour toujours… C’est ça l’amour… avec les bêtes, les plantes et leurs habitats… avec la Terre, c’est pareil.

Tu veux ajouter quelque chose ?

N’oublions pas la politique, jamais. Organisons-nous. Faisons de la communication sur nos activités, c’est si simple avec le numérique, une arme de combat pour que les fauteurs de souffrances reculent et que tous les enfants du monde puissent rencontrer la nature. C’est ce qu’il y a à faire !